Une française écrit à l’ambassade du Sénégal pour lui demander… l’asile politique !

Association Nationale de Défense Égalitaire de la Liberté d'Expression

Une française écrit à l’ambassade du Sénégal pour lui demander… l’asile politique !

Stylo plume

Une française a décidé, dans une lettre datée du 16 avril 2020, de s’adresser à l’ambassadeur du Sénégal en France, S.E.M. EL Hadji Magatte SEYE, pour lui demander l’asile politique. Non sans ironie, l’auteure de cette missive, Caroline Alamachère, dénonce la gestion de la crise sanitaire en France, et dresse un constat empreint d’une certaine amertume, qui a le mérite d’inciter à la réflexion. Nous avons décidé de publier cette lettre, avec l’accord de l’intéressée.


Ambassade du Sénégal 
Monsieur l’Ambassadeur El Hadji Magatte Seye
14 avenue Robert Schuman
75007 PARIS

xxxx, le 16 avril 2020

Monsieur l’Ambassadeur,

Je me permets de vous adresser ce courrier car je suis, présentement, de nationalité et d’origine française vivant en France et que la situation de guerre que vit actuellement mon pays, ainsi que l’a déclaré M. Emmanuel Macron le 17 mars 2020, fait que j’ai décidé de fuir et d’abandonner ma terre natale et ma famille.

Lorsque le Président français a fait allusion à la guerre à laquelle nous devions faire face, nombre de mes compatriotes et moi-même avons d’abord pensé qu’il parlait des djihadistes, des auteurs d’attentats, des déséquilibrés qui commettent quotidiennement des crimes sur notre sol. Mais nous faisions fausse route : il s’agirait d’une guerre contre un virus, le Covid-19.

Pourtant, dix jours plus tôt, M. Macron nous demandait instamment de continuer à sortir et de faire comme si de rien n’était. Pire même, les Français étaient fortement encouragés à aller voter aux élections municipales du 15 mars alors que le coronavirus, nous disait-on, répandait la mort notamment chez nos voisins et amis italiens.

Sur le plan sanitaire, hormis un enfermement général décrété à la hâte, rien n’a été fait. En effet, le gouvernement français n’a pas jugé utile de
commander au plus vite des masques et nous avons découvert avec colère que les hôpitaux n’en avaient que très peu en stock et que les pharmaciens n’avaient pas le droit d’en vendre, que les établissements désirant apporter leur aide pour fabriquer du matériel étaient purement et simplement ignorés avec mépris.

Enfin, en guise de cerise sur le gâteau, M. Jean-Yves Le Drian, notre Ministre des Affaires Etrangères que vous connaissez bien, a promis aux Africains un don de 1,2 milliard d’euros afin d’aider votre continent à se débarrasser du coronavirus.

L’aspect paternaliste de cette offre ne vous aura pas échappé et laisse à penser que le gouvernement français croit encore posséder des colonies africaines et peine, décidément, à accepter l’émancipation des peuples vivant sur ce beau continent. La Françafrique n’en finit pas de perpétuer cette insupportable mainmise de notre République sur les Africains considérés par nos politiques condescendants comme des incapables, des enfants qu’il faudrait perpétuellement nourrir afin de les maintenir en état d’infériorité, ce qui fait bien évidemment hurler mes compatriotes qui s’insurgent régulièrement de cette politique insultante de la main tendue.

Je ne doute pas que vous serez d’accord avec moi sur ce point et que, par fierté et par esprit d’indépendance, vous et les autres chefs d’Etat refuserez avec la dernière énergie de recevoir ce cadeau empoisonné, cette obole misérable qui n’a d’autre vocation que de vous maintenir sous coupe. Il est urgent de vous libérer du joug de la République française et d’affirmer haut et fort que vous n’avez pas besoin de l’aide d’un pays incapable d’assurer sa propre gestion de la santé et qui prétend, c’est un comble, faire ingérence dans la vôtre.

A l’heure où les Français, eux, ne bénéficient pas de soins fautes de moyens et de places dans les hôpitaux, vous comprendrez, Monsieur l’Ambassadeur, que nous trouvons cette farce bien cruelle.

Un chef d’Etat ne doit-il pas en priorité penser au bien-être de son peuple ? Le peuple qui paie des impôts pour être soigné correctement n’est-il pas légitime à contester l’usage qui est fait du fruit de son travail, a fortiori quand lui-même est écarté, dépouillé de cet accès aux soins ?

Les valeurs républicaines font la promotion de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. En réalité, aucune de ces valeurs n’est respectée dans mon pays : la liberté est en lambeaux avec le règne de la censure, du politiquement correct, l’installation inquiétante d’un totalitarisme rappelant les heures les plus sombres de l’Histoire de mon pays ; l’égalité promue de manière incessante jusqu’à l’abus prête à sourire quand la majorité d’une opinion est bafouée sans relâche par les politiques et les médias au bénéfice de minorités : la démocratie que les Européens chérissent est en berne totale ; la fraternité enfin n’est plus puisque même au sommet de l’Etat le soutien et la protection dus au peuple ne sont plus assurés.

Dans cette crise sanitaire dans laquelle nous nous trouvons, les représentants nous fournissent des chiffres officiels incomplets et faux puisque la grande majorité des malades ne sont pas testés. Officiellement, toutes les morts seraient dues au Covid-19, autrement dit plus personne ne meurt de la grippe qui annuellement fait environ 10 000 victimes en moyenne. Les personnes se rendant habituellement aux urgences pour des raisons graves décèdent chez elles de crainte de déranger le personnel soignant des hôpitaux. Ne parlons pas des morts économiques que va engendrer cet amateurisme républicain.

Au regard de tous ces constats et de tous ces manquements indignes d’un pays civilisé, j’en viens, Monsieur l’Ambassadeur, à l’objet de ma demande : dès lors que je ne reçois pas la protection qui m’est due dans mon pays d’origine, la France, et que prochainement l’argent pris aux Français qui travaillent devrait arriver chez vous, je sollicite votre bienveillance et vous demande, par la présente, l’asile économique, sanitaire et politique.

Ce dernier point est particulièrement important puisque depuis le 12 mars je suis, comme mes compatriotes, assignée à résidence, prisonnière, condamnée à fournir un laisser-passer, un « ausweis » pour avoir le droit de faire mes courses alimentaires. De surcroît, notre Ministre de l’Intérieur M. Christophe Castaner a instauré un traçage de nos déplacements, comme cette sorte de bracelet électronique que l’on met aux délinquants mais qui se trouve sur le smartphone afin que nous ne puissions pas faire le parallèle entre les deux objets opérant pourtant une même fonction. A l’heure où dans le même temps notre Ministre de la Justice libère des milliers de prisonniers dans la nature pour ne pas qu’ils tombent malades, avouez qu’il y a matière à être troublé.

Je ne me sens plus en sécurité dans le pays qui est le mien, où j’ai grandi, où tous mes ancêtres sont morts. Je précise que pas un seul n’a colonisé qui que ce soit en Afrique, ni n’a été esclavagiste. Ils étaient paysans, ont été à la peine toute leur vie et n’ont donc jamais été le moins du monde privilégiés, comme pratiquement tous les ancêtres des Français contrairement à une rumeur persistante.

Si vous acceptez ma demande de réfugiée sanitaire, économique et politique, et que vous m’assurez un logement à titre gracieux – et ce serait bien normal puisque, grâce à M. Le Drian qui utilise avec une grande
largesse et de manière étonnamment dispendieuse l’argent des Français, les dettes des Etats africains seront effacées à hauteur de 305 milliards d’euros – je vous en serais extrêmement reconnaissante.

Je me permettrais d’ajouter une petite demande supplémentaire, pas grandchose : serait-il possible d’amener avec moi toutes les personnes d’origine sénégalaise se trouvant actuellement en France afin qu’elles bénéficient, elles aussi, de l’argent des Français mais au Sénégal où le climat est plus clément et les fêtes plus joyeuses ?

Je vous remercie infiniment pour votre attention et j’espère vivement que vous saurez écouter votre cœur.

Dans l’attente d’une réponse favorable à ma demande, je vous prie d’agréer, Monsieur l’Ambassadeur, l’assurance de ma très haute considération.

Caroline Alamachère
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