Pierre Cassen : “Nous sommes dans la continuité de l’extrême violence exercée par l’appareil d’Etat”

Association Nationale de Défense Égalitaire de la Liberté d'Expression

Pierre Cassen : “Nous sommes dans la continuité de l’extrême violence exercée par l’appareil d’Etat”

P. Cassen

Pierre Cassen est un ancien délégué syndical (CGT) à La Tribune de l’Economie. Rédacteur en Chef de Respublica de 2003 à 2007, il a co-fondé Riposte Laïque à l’issue. Militant contre l’islamisation de la France, il a notamment organisé l’apéro “saucisson pinard” et les “assises internationales contre l’islamisation de nos pays” en 2010,  puis les “assises de la Liberté d’expression” en 2015. Il est l’auteur de « La faute du bobo Jocelyn », avec Christine Tasin, et de Et la gauche devint la putain de l’islam. Habitué de la censure et des chasses aux sorcières, celui qui se définit volontiers comme un homme libre, ce qu’il est manifestement, a bien voulu répondre à nos questions et réagir à l’actualité.


Ancien syndicaliste, vous restez un militant engagé, convaincu de la nécessité d’alerter l’opinion sur les menaces qui pèsent sur notre pays, et dont nous subissons les conséquences. Cela vous a rapidement valu de subir les foudres de la Justice, mais aussi d’être catalogué comme appartenant à “l’extrême droite”. Comment analysez-vous cette volonté de vous ostraciser ?

C’est la vieille stratégie communiste, que théorisait Staline auprès des cadres du parti. Il leur expliquait qu’il fallait toujours qualifier ses adversaires d’extrême droite, ou de nazi, et que le temps qu’ils passaient à se justifier, ils ne le passaient pas à défendre leurs idées. Historiquement, les staliniens ont qualifié les socialistes de “social-fascistes“, les trotskistes “d’hitléro-trotskistes“ et même de Gaulle de “fasciste“ en 1958. Et maintenant, même si le mur est tombé, c’est l’ensemble de la gauche et de l’extrême gauche, victimes hier des pratiques crapuleuses, qui les reproduisent, soutenus par tous les médias de propagande. La combine est fort simple. Vous êtes contre l’immigration, et contre l’islamisation de votre pays, voire pour la sortie de l’Union européenne, vous êtes au mieux un populiste, parfois un fasciste, et pire un nostalgique d’Adolf Hitler, rien de moins. Et force est de reconnaître que cinquante ans de matraquage de cet amalgame, après mai 68, cela marche, puisque les Français partagent nos idées, majoritairement, sur l’immigration et l’islam, mais refusent de voter pour ceux qui les portent, élisant au contraire ceux qui aggravent la situation. Le lavage de cerveau fonctionne donc à merveille. Moi, avec mes amis de Riposte Laïque, on était dans le camp des gentils jusqu’en 2010, où nous avons organisé l’apéro saucisson-pinard avec les Identitaires. Dès lors, nous avons subi de multiples et coûteux procès, interdiction d’antenne et de journaux, sauf pour baver sur nous.

Co-fondateur de Riposte Laïque, vous avez décidé, il y a un peu plus d’un an, de publier sur le réseau social Youtube une chronique quotidienne où vous commentez l’actualité sous la forme d’un billet d’humeur. Vous venez d’être confronté à la censure. Pouvez-vous nous éclairer sur ce point ?

J’ai commencé, suite à la suggestion de plusieurs compagnons de la rédaction, les vidéos quotidiennes sur Youtube quelques jours avant le lancement du mouvement des Gilets jaunes, il y a 18 mois, sans que cela ait le moindre rapport. J’ai profité du travail de Maxime Lépante qui, depuis 2010, a monté une chaîne Riposte Laïque, avec des centaines de vidéos et plus de 10 millions de vues. Et puis, au bout de quinze jours, j’ai subi un premier avertissement, avec suppression d’une vidéo, mais sans interruption de diffusion. J’avais ironisé sur les Shadoks des villes et les Gibis des campagne, en pleine période des Gilets jaunes, et j’avais dit que les Shadoks étaient pour l’accueil de tout le monde, et notamment des Ramulauds qui égorgeaient les non-ramulauds aux cris de “Alabar“. Carton jaune ! Il faut savoir que trois avertissements en trois mois, et la chaîne est virée, donc huit ans de travail peut être foutu en l’air. J’ai donc décidé de contourner le problème, et de faire dans le deuxième degré, souvent en débordant le discours de nos ennemis. Cela a marché 17 mois, avec des progressions d’audience spectaculaires, puisque la chaîne est passée de 11.000 abonnés à 38.000 abonnés, et que le taux de visiteurs, en plein confinement, est passé en moyenne, quotidiennement, à 50.000 visites tous les jours, soit 1,5 million par mois. Je commençais à jouer dans la cour des grands ! Et puis la tuile ! Pour une vidéo guère différente de dizaines d’autres que j’ai faites, j’ai été bloqué pour une semaine. Au deuxième degré, je disais du mal de la façon dont la Chine communiste traitait sa minorité musulmane, et je disais que j’étais fier de vivre dans le pays des Droits de l’Homme, où on lui accordait tout ce qu’elle demandait. J’avais titré cela “A bas la Chine islamophobe, vive la France islamophile“. Vidéo virée, et bloqué une semaine ! J’ai donc décidé dorénavant, par précaution, mais aussi par militantisme, de contourner Youtube dans ma vidéo quotidienne, et de monter une chaîne chez nos amis russes, chez qui nous sécurisions toutes nos vidéos. J’espère réussir cette opération, et que cela encouragera nombre d’amis à faire de même. Je suis parti en éclaireur. Mais par ailleurs, pour ne pas perdre le fruit du travail de dix-huit mois, je fais toujours une vidéo par semaine sur la chaîne Youtube de Riposte Laïque.

Depuis la mise en place de l’Etat d’urgence sanitaire, et des mesures de confinement général de la population, vous avez plusieurs fois dénoncé la disproportion de ces mesures limitant la liberté d’aller et de venir, et les manipulations de nos dirigeants politiques relayées par les principaux médias. Pourtant, les français ne semblent pas, pour l’heure, s’être opposés massivement à ce qu’il convient d’appeler une dérive totalitaire du gouvernement. Comment l’expliquez-vous ?

Nous sommes dans la continuité de l’extrême violence exercée par l’appareil d’Etat contre le peuple de France, hier les Gilets jaunes, aujourd’hui les Gaulois, que je différencie des Français de papier des zones islamisées. L’appareil d’Etat, c’est ce régime, son président, ses députés, ses obligés, ses propagandistes déguisés en journalistes, ses juges, ses artistes à migrants et ses experts des plateaux télé, qui occupent le terrain matin, midi et soir. Et qui vivent bien sur la Bête. Sans oublier les milices gauchistes qui empêchent les vrais résistants patriotes de manifester avec le peuple. Je rappelle que 300 Gilets jaunes ont été jetés en prison, et près de dix mille ont été interpellés, sans oublier les nombreuses arrestations préventives. Certains, qui ont incendié des péages d’autoroute, ont pris plusieurs années de prison. Mais jamais les gauchistes et les racailles, venue pour discréditer le mouvement, ou le récupérer. Dans cette continuité, Castaner a annoncé 10 millions de contrôles, et 950.000 amendes à 135 euros, dont certaines méritent de figurer en bonne place dans ce qui serait un livre noir du confinement. Et tous les soirs, le M. Santé du gouvernement, qui officiait déjà sous les socialistes, nous faisait un numéro de croque-mort par ailleurs angoissant pour la population. Sans oublier, comme dans une république socialiste, des panneaux lumineux expliquant aux gens “Restez chez vous, sauvez des vies“. Cela laisse des traces. Mais j’ai constaté, entre la première semaine et maintenant, une grande différence dans le comportement de mes compatriotes, même si j’avoue que voir des cyclistes avec un masque et des voisins se vantant de ne sortir que pour acheter leur pain une fois par semaine me laisse très perplexe…

Un récent sondage indique que 70% des français craignent une “deuxième vague” concernant les contaminations par le Covid-19, alors que de nombreux scientifiques, le professeur Didier Raoult en tête, tentent d’expliquer que cela n’arrive jamais, et que la seule chose à craindre éventuellement serait une légère hausse du nombre de cas après le déconfinement. Cette peur irrationnelle est-elle à mettre sur le compte de la propagande officielle, ou est-elle inhérente à la nature humaine ?

Comme les chiffres ne correspondent absolument pas à la catastrophe qu’ils avaient annoncée, ils sont obligés d’entretenir un climat de peur, et d’apparaître comme les sauveurs du pays, alors que notre économie aura énormément de mal à se relever de deux mois d’inactivité, trois pour certains secteurs comme les bars et les restaurants. Et en plus, ils osent annoncer, comme cela, que sans le confinement, que je qualifie de totalitaire, qu’ils nous ont imposé (sachant que les pays qui ont procédé à l’emprisonnement de leur population sont ceux où il y a le plus de morts), nous aurions eu 60.000 morts de plus. Pourquoi pas 500.000 ? Cette peur irrationnelle correspond aussi au fait qu’on n’accepte plus la mort, et que la notion du sacré a disparu. Aujourd’hui, un Clemenceau croulerait sous les procès, on lui reprocherait la mort de nos Poilus ! Comment, par ailleurs, la sixième puissance au monde a-t-elle pu, alors que les gens en âge de travailler n’étaient pas atteints, que les malades étaient majoritairement ceux qui ne travaillaient plus, tuer son économie ? Comment at-elle pu laisser ces anciens, à qui nous devons beaucoup, et notamment les Trente Glorieuses, mourir sans être soignés, voire accélérer leur fin, en les privant de tout recours aux urgences, et de toute visite des êtres aimés ? Comment les grandes puissances occidentales ont-elle pu sacrifier leur économie, au nom de “Sauver des vies“, sans la moindre réflexion sur les conséquences de telles décisions ? On a l’impression d’avoir été les témoins d’un énorme coup monté, mais j’avoue ne pas posséder toutes les pièces du puzzle pour en comprendre les dessous.

Les privations de libertés dont nous sommes l’objet, la surveillance de masse, les atteintes au secret médical, etc… semblent être moins bien acceptées par les français les plus agés que par les jeunes générations, à en juger par les réactions observables sur les réseaux sociaux. Partagez-vous ce constat, et comment l’expliquez-vous ?

C’est un tout. Les anciens, dont je fais à présent partie, ont connu un pays où on pouvait dire et faire ce qu’on voulait, pendant les Trente Glorieuses, et jusqu’aux années 1980. Pas de chômage, du travail pour tous, une aspiration permanente à toujours plus de liberté, au niveau parole, sexe, mode de vie, travail, œuvres artistiques, etc. Et puis les enfants des soixante-huitards ont connu le chômage, le sida, la dictature du politiquement correct, le prétendu antiracisme, la culpabilisation permanente de la France et des Français, etc. Ils n’ont donc pas connu cette extraordinaire période de liberté, où un Desproges ou un Le Luron pouvaient encore tenir des propos qui leur vaudraient la 17e Chambre aujourd’hui. Ils connaissent la diabolisation et les procès du méchant Zemmour. Et puis il y a les portables, toutes sortes de nouvelles technologies qui font partie de leur univers, depuis toujours et qu’ils maîtrisent bien mieux que nous. Je fais partie de ceux qui se révoltent à l’idée qu’on ne puisse plus avoir d’argent liquide, et que tout soit payé par carte, y compris votre baguette. Et pourtant, j’ai l’impression, sur ce sujet comme sur d’autres, de mener une bataille d’arrière-garde, et que la jeune génération est prête à gober ce que je refuse. J’espère me tromper, mais durant ce confinement, j’ai eu l’impression de faire partie des dinosaures que cela révoltait de ne pas avoir le droit de faire plus d’un kilomètre de chez soi, de devoir remplir un papier, de risquer 135 euros d’amende pour une futilité, selon l’appréciation d’un policier ou d’un gendarme. J’ai souvent ressenti, et pas seulement chez les jeunes, une soumission à la dictature sanitaire qui m’a dérangé, et m’a renforcé dans mon désir de transgression, mais chut !

Quelles sont, selon-vous, les leçons à tirer de cette crise ?

Cela peut partir dans tous les sens. D’abord, je ne suis pas économiste, et pourtant, les conséquences à ce niveau seront déterminantes. Certains disent que la note va être salée, que l’euro ne va pas survivre, que l’Europe va éclater, et que la note confinement va être salée. Là cela peut être explosif, et les demandes de remises en cause peuvent être nombreuses. D’autres disent qu’avec la planche à billets, on va pouvoir continuer à payer un appareil d’Etat tentaculaire et parasitaire, des fonctionnaires dont certains sont indispensables, et pas assez nombreux, et d’autres des inutiles abondants et coûteux, les retraites, l’immigration ruineuse, notre système de santé, nos services publics, l’Union européenne et les absurdités de la transition écologique. Cela serait énorme, mais comme depuis 2008, j’entends de grands experts annoncer la mort de l’Europe et la fin de l’euro, j’ai appris à être prudent. Je remarque par ailleurs que, de manière schizophrénique, Macron, en pleine crise, a accorde 1,4 milliard d’euros à l’Afrique de remise de dettes, qu’on file 50 euros aux cyclistes qui feront réparer leur vélo, qu’on arrose l’Algérie, le Maroc et la Tunisie, et qu’on continue à régulariser du clandestin au nom du droit d’asile. Les écolos disent que le jour d’après devra être écologique, les imposteurs à la Mélenchon disent qu’il devra être social, et les patriotes, peu présents sur les plateaux, ne disent pas grand chose, de peur d’être diabolisés alors que la crise n’est pas finie. Si nous étions dans un pays normal, les responsables de ce désastre seraient limogés et jugés pour l’ensemble de leur oeuvre pour haute trahison, le peuple serait dans la rue, et nous aurions un gouvernement patriote de salut public, avec un homme dont l’autorité incontestable justifie qu’il ait les pleins pouvoirs, en période exceptionnelle. Mais dans le pays qu’est devenu la France, les deux seules forces organisées capables de renverser le régime sont la gauche immigrationniste et ses satellites gauchistes, et les islamistes. Cela ne fait pas trop envie… Reste l’homme fort, et une réécriture de 1958… ou les élections de 2022.

Mais je ne demande qu’à me tromper, et à être agréablement surpris dans les jours qui viennent

Partagez cet article
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin