Nadia Remadna : “En France, la liberté d’expression est à géométrie variable”

Association Nationale de Défense Égalitaire de la Liberté d'Expression

Nadia Remadna : “En France, la liberté d’expression est à géométrie variable”

Nadia Remadna

Nadia Remadna est la présidente et fondatrice de l’association Brigade des mères, créée en 2014 à Sevran afin d’apporter des moyens à la dérive des jeunes en difficulté et de soutenir sur le terrain les mères dans les moments difficiles et les aider à s’exprimer. Auteure de Comment j’ai sauvé mes enfants, la militante associative a bien voulu répondre à nos questions.


Pour ceux qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis une travailleuse sociale et militante associative, depuis toujours, en particulier pour la laïcité et contre la radicalisation et la délinquance des jeunes, et je dénonce la complaisance de certains politiques.

Vous avez créé et vous présidez l’association Brigade des Mères. Pouvez-vous nous expliquer le but de cette association, et ce qui vous a motivé à la constituer ?

Travailleuse sociale et médiatrice (j’ai toujours travaillé dans le social) j’ai constaté la montée de l’échec scolaire, de la délinquance et actuellement de la radicalisation. Je me suis dit “c’est à nous les mères, c’est à nous les femmes, d’agir ! Debout les mères, debout les femmes, debout les hommes, réveillez-vous !” parce que nos enfants partent soit en prison soit en Syrie. Il faut qu’on réagisse.

Le problème c’est qu’aujourd’hui, on a l’impression que certains maires ne le sont que pour la population qui a voté pour eux. Ça ne peut pas fonctionner. Je pense que le changement viendra des citoyens. Je dis souvent : ‘’on ne pourra pas faire pire’’. C’est l’avenir de nos jeunes qui est en jeu. Demain, ils nous diront “vous avez fait quoi, à part pleurer, faire des débats, des conférences” ?

Vous avez tenté, dans un reportage intitulé “Lieux publics : Quand les femmes sont indésirables” diffusé le 7 décembre 2016 dant le JT de France 2, de dénoncer la situation de celles qui ne peuvent se rendre librement dans les bars comme à Sevran. Quelles sont les conséquences que vous subissez encore suite à la polémique suscitée ?

Après avoir perdu mon emploi, après avoir été insultée, menacée et diffamée, y compris par la personne qui a participé avec moi à la caméra cachée, j’ai reçu une notification pour une « mise en examen  » et j’attends d’être convoquée par la justice.
Et même si j’ai retrouvé un travail, ce n’est pas dans le domaine social que j’affectionne d’avantage et cela me laisse le gout amère d’injustice, l’impression d’avoir été sacrifiée sur l’autel de la complaisance politique ; d’autant que je n’ai jamais été reçu par le maire d’Enghien-les-Bains, également président de l’IFAC, mon ancien employeur.

Vous êtes particulièrement bien placée pour savoir quel est l’état de la liberté d’expression aujourd’hui en France. Pouvez-vous nous donner votre avis à ce sujet ?

Aujourd’hui en France, la liberté d’expression est à géométrie variable, le politiquement correct contamine de plus en plus, les mots sont pesés, surinterprétés, injectés de sous-entendus et le délit de blasphème est là ! Dès que cela touche les islamistes, il y a une levée de boucliers, des attaques massives en règles, et la justice est rapidement saisie.

Quelles seraient, selon vous, les mesures à prendre pour éviter que ne se réduisent nos libertés fondamentales en France, en particulier eu ce qui concerne la liberté d’expression ?

Nous devons arrêter avec l’hypocrisie, apprendre à nommer les choses d’une façon claire, concise, sans haine et sans généralisation.

Nous devons pouvoir parler de tous, avec des arguments logiques et pédagogie.

Quelles sont les actions prochaines que l’association Brigade des Mères entend mener ?

Nous avons fini le tournage d’un documentaire et nous avons fait des actions de terrain dans une prison, juste avant le confinement.

Nous attendons la fin du confinement afin de reprendre nos actions sur le terrain, mais actuellement, nous agissons aussi à distance, par téléphone et par mail quand cela est possible.

Pouvez-vous enfin, pour éclairer nos lecteurs, nous dire comment vous avez connu l’association ANDELE et donner votre avis sur nos actions ?

J’ai perdu mon emploi, suites aux menaces subies sur mon lieu de travail, après avoir dis sur TF1 que nous avons d’avantage besoin d’instruction et de culture que de mosquées.
J’ai été complètement lâchée par ma hiérarchie qui a de plus, promu la personne qui m’a menacée.

J’ai fait une publication sur ma page Facebook et l’association ANDELE a été la seule à m’avoir proposé une aide concrète, avec un bon avocat qui a pu faire valoir mes droits.

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