Ivan Rioufol : “Au nom de l’apaisement, la République ne cesse de reculer”

Association Nationale de Défense Égalitaire de la Liberté d'Expression

Ivan Rioufol : “Au nom de l’apaisement, la République ne cesse de reculer”

Ivan Rioufol

Ivan Rioufol est journaliste et éditorialiste (notamment pour Le Figaro, RTL, CNEWS…), mais également essayiste (son dernier ouvrage s’intitule “Les traîtres – Ils ont abandonné la France” (Ed. Pierre-Guillaume De Roux). Attentif au sujet de la liberté d’expression, il a vertement critiqué la Loi Avia, dont il considère, comme il l’explique dans une tribune intitulée “Loi Avia : après les masques, les bâillons…“, qu’elle permettra de manière arbitraire de museler toute critique de l’islam, faisant le jeu de ceux qui promeuvent un islam politique. Ivan Rioufol a bien voulu nous éclairer sur ce point, et répondre à quelques questions d’ordre plus général.


Vous faites partie des nombreuses personnalités à pointer le caractère liberticide de la loi contre les contenus haineux sur internet (dite “loi Avia”) qui a été adoptée par le parlement le 13/05/2020 et qui fait l’objet d’un recours devant le Conseil constitutionnel à l’initiative des sénateurs LR. En revanche, vous êtes l’un des seuls à faire le parallèle entre cette loi et le risque de ne plus pouvoir critiquer l’islam. Pouvez-vous nous éclairer sur les causes de votre inquiétudes ?

La loi Avia est le produit de la société diversitaire, multiculturelle. Le législateur sait que le < vivre ensemble >, dans une France fracturée et conflictuelle, est une fiction qui ne tient que grâce à des mensonges, des interdits, des censures. Cette loi macronienne est l’instrument mis à la disposition des minorités sexuelles, ethniques, religieuses afin qu’elles deviennent intouchables. Dans un premier temps, Laetitia Avia avait elle-même justifié de lutter contre l’islamophobie, en reprenant un terme que promeut l’islam politique. Or critiquer l’islam, comme toute autre religion, n’est pas assimilable à de la haine. C’est une liberté d’expression qui s’exerce contre une doctrine. Ce qui est haineux en revanche sont les sourates qui appellent à tuer des juifs et des mécréants. Avec cette loi, c’est la pénalisation du blasphème qui risque d’être réintroduit en douce sur les réseaux sociaux

La loi Avia succède à d’autres texte législatifs visant à encadrer et à restreindre la liberté d’expression en France. En tant que journaliste, quel regard portez-vous sur le sujet ?

Je suis effaré. Depuis la loi Pleven (1972), l‘excellente loi sur la presse de 1881 est très régulièrement rognée par la multiplication des délits d’opinion, qui traquent les mauvaises pensées. Cette pente liberticide s’est accentuée avec Macron, sous la pression du politiquement correct. La République s’écarte de plus en plus de l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 : < La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme (…) >. C’est la démocratie qui est aujourd’hui mise en péril par ces assauts permanents contre la liberté de dire, dans les limites déterminées par la décence commune. Le presse n’est pas assez vigilante.

De plus en plus d’internautes s’étonnent de ce que, sur les réseaux sociaux, il existe une censure à géométrie variable, particulièrement sévère avec certains discours, particulièrement permissive avec d’autres. Partagez-vous ce constat ?

Ce deux poids deux mesures est une réalité. Une minorité victimisée peut à peu près tout se permettre dans l’outrance. Les textes haineux de rappeurs islamistes n’indignent personne. Ceux qui les critiquent risquent en revanche d’être qualifiés de racistes ou de fachos. La tyrannie des minorités a construit un monde cul-par-dessus-tête où le Blanc, quand il se fait humilier par la < diversité >, ne peut se dire victime de racisme car il serait lui-même le racisme.

Vous avez souvent pris position pour dénoncer les dérives liées à la mainmise d’un islam ombrageux sur la France. Cet obscurantisme est pourtant souvent nié par les médias, qui au mieux admettent l’existence d’un “islam politique”, relayant certains discours de nos dirigeants, souvent prononcés à chaud suite à des actes de terrorisme. Comment expliquez-vous cet aveuglement ?

L’idéologie rend aveugle et sourd. Il faut y ajouter aussi la paresse intellectuelle, sinon la peur. Les médias < progressistes > ont avalisé ce < vivre ensemble > fictif, qui ne tient que grâce au déni et à la pénalisation des opinions. Le paradoxe est d’observer ces prétendus démocrates, qui voient des fascistes partout chez les < populistes >, ne rien distinguer de l’idéologie totalitaire, sexiste, anti-juive, qui est promue par l’islamisme conquérant et dominateur.

Il a été récemment révélé par la presse que les forces de l’ordre avaient reçu pour consigne de “lever le pied” dans certains quartiers concernant l’application des mesures de confinement en période de ramadan, mais aussi de n’intervenir qu’en cas d’atteinte aux personnes ou atteinte grave aux biens (dégradations par moyen dangereux pour les personnes), afin de ne pas déclencher des violences urbaines, qui pourtant ont été nombreuses à se produire. Qu’est ce que cela dit, selon vous, de l’état de notre société ?

Ceci est la conséquence de ce que je vous ai décrit précédemment. Le pouvoir a été gagné par la culpabilisation, qui a rendu ces populations de plus en plus provocantes. Au nom de l’apaisement, la République ne cesse de reculer devant ceux qui ont comme projet politique ce séparatisme, pourtant identifié par Macron. Il est vrai que derrière l’épreuve de force se profile une possible guerre civile.

Alors que l’étau de l’Etat d’urgence sanitaire se dessert progressivement, le “monde d’après” peine à se dessiner. Comment l’imaginez-vous ?

Je crois que ce monde devra davantage prendre en considération le peuple oublié, et la nation malmenée. Les frontières et le souverainisme sont les grands vainqueurs de cette crise.

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