Gilles-William Goldnadel : “Le jour d’après ressemblera au jour d’avant, peut-être en pire”

Association Nationale de Défense Égalitaire de la Liberté d'Expression

Gilles-William Goldnadel : “Le jour d’après ressemblera au jour d’avant, peut-être en pire”

Me Gilles-William Goldnadel

L’avocat Gilles-William Goldnadel porte régulièrement un regard critique sur l’actualité, avec un certain franc-parler. En cette période de confinement, cet habitué des médias, également dirigeant associatif et essayiste, a décidé de tenir une rubrique intitulée “Journal de guerre sans virulence” sur sa webTV. Il a bien voulu répondre à nos questions.


Vous avez décidé, dès le début des mesures de confinement mises en place par le gouvernement suite à la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19, de tenir un “journal de guerre sans virulence”. Pourquoi cette démarche ?

Je crois au combat culturel permanent. J’ai arrêté, par le confinement, mes activités télévisuelles, mais je peux les poursuivre avec des moyens “de guerre” de chez moi dans le cadre de ma Web TV “Goldnadel TV” en collaboration avec Télé Paris. Avec moi ce sont des personnalité aussi différentes que JP Grumberg et Guy Millière des Etats-Unis ou Yves Mamou, ancien responsable santé du Monde, qui interviennent sans mettre des gants.

En tant qu’avocat, quel regard portez-vous sur la restriction de la liberté d’aller et de venir prise en vertu d’un Etat d’urgence sanitaire créé en l’espace de quelques jours ?

En période exceptionnelle, je ne suis pas choqué par principe que pour une période limitée, la liberté d’aller et de venir soit restreinte. En revanche, dans la pratique, le bénéfice risque du confinement n’est pas tranché.

Vous connaissez bien les médias, où vous intervenez régulièrement. Quel regard portez-vous sur le traitement médiatique de cette crise ?

Le traitement médiatique en temps de crise n’a pas modifié de comportement. Peut-être un esprit critique à l’égard du gouvernement, pas forcément pur des raisons obséquieuses. En tout état de cause l’église cathodique a plus respecté le black-out sur les débordements dans les banlieues que les voyous le couvre-feu du confinement. Toujours la même occultation de l’information par crainte révérencieuse de déplaire.

Certaines voix s’élèvent au sein de votre profession pour réclamer un procès afin d’établir la responsabilité de nos dirigeants dans la gestion de cette crise sanitaire. Une telle démarche a-t-elle selon vous des chances d’aboutir ?

J’ai écrit dans Le Figaro que le temps était à l’unité nationale et pas encore au procès. Ensuite, ce gouvernement ayant été en dessous de tout (tests, masques, etc…), je compte bien prendre ma part. Notamment concernant cette erreur criminelle pour cause idéologique d’avoir refusé de fermer dès le départ notre frontière aérienne à la Chine, et terrestre notamment avec l’Italie. J’ai été de ceux qui l’on dit dès le début. Mais il valait mieux (y compris dans le milieu médical) avoir tort avec Macron que raison avec Marine Le Pen.

Vous assumez votre orientation politique, vous réclamant d’une droite conservatrice et républicaine, et dénoncez régulièrement l’absence de pluralisme politique dans les médias publics. Qu’est-ce que cela dit de l’état de la liberté d’expression en France ?

J’ai publié l’an dernier chez Plon “Névroses Médiatiques” où je consacre une bonne partie de mon analyse à cet asservissement accepté par l’opposition. Il est incroyable qu’en dépit du paiement d’une redevance fiscale, l’ensemble des éditorialistes et des prétendus humoristes du service public soit de gauche voire d’extrême-gauche. Le vrai scandale est qu’il n’y ait pas de scandale.

Quelles seront selon vous les conséquences de la crise inédite que nous traversons : le “monde d’après” que certains appellent de leurs voeux est-il à construire ?

Je ne me fais aucune illusion. La supériorité de la gauche sur la droite réside notamment dans sa capacité amnésique et son audace absolue et impudique. Elle n’a pas fait le procès du communisme et des compagnons de route. Ni du tiers-mondisme. Ni de l’islamo-gauchisne et de sa complaisance à l’égard des actions anti-françaises ou antisémites dans les banlieues islamisées. Il n’y aura aucune réflexion sur le bienfait des frontières barrières nationales. Le jour d’après ressemblera au jour d’avant, peut-être en pire Sauf si nous menons le combat culturel avec acharnement.

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