Gérard Boyadjian : “Il n’y a aucune indépendance de la Justice”

Association Nationale de Défense Égalitaire de la Liberté d'Expression

Gérard Boyadjian : “Il n’y a aucune indépendance de la Justice”

Gérard Boyadjian

Gérard Boyadjian est un cinéaste atypique, passionné et passionnant. Ayant fait les foudres de la censure, et ayant été poursuivi, jugé et condamné pour l’une de ses œuvres, il a découvert à ses dépens que la liberté artistique était à géométrie variable en France. Il a bien voulu revenir sur les faits, nous présenter son travail artistique, et nous donner son sentiment sur l’état de la liberté d’expression dans notre pays dans une interview exclusive. 


 
Vous êtes cinéaste. Pouvez-vous vous présenter plus en détails afin d’éclairer nos lecteurs ?
 
Je m’appelle Gérard Boyadjian, 43 ans, Cinéaste Français indépendant.
Mon parcours assez autodidacte et marginal commence au Mexique.
Je fais mes premières classes à l’âge de 23 ans. Je pars parfaire mes connaissances à Naples, en Italie, où j’écris ma première oeuvre «STA VOLTA» (film polémique déjà à l’époque. 2007)
 
Sans rentrer dans des détails qui pourraient s’avérer être trop rébarbatifs pour vos lecteurs, je dirais que je m’inscris dans un courant cinématographique, et plus généralement de pensée, qui va de celui de John Cassavetes, à celui de Louis Malle. Un cinéma qui confronte et déstabilise le spectateur. Le pousse dans ses retranchements. Tradition française héritée d’une insolence culturelle, qui est en ce qui me concerne, l’un des piliers fondateurs du Cinéma Français. Je suis à la fois adepte du Classique, également friand de la nouvelle vague. 
Amoureux d’une génération de réalisateurs/d’acteurs audacieux, dignes et authentiques.
 
Ma filmographie se décompose en 2 genres diamétralement opposés.
D’un coté des œuvres poétiques, intimistes et profondément nostalgiques (composante majeure dans mes films) qui portent sur l’héritage, l’amour, la mort, le temps qui passe…
 
https://vimeo.com/375749191 (Film : 41 rue de Verneuil) 
 
https://vimeo.com/168826345 (Film : Le Tcheurek de Vartouche)
 
De l’autre coté, des films subversifs, transgressifs, violents, dont les thématiques sociales, politiques, idéologiques ne manquent jamais de susciter indignations, malaises, controverses et autres réactions virulentes.
 
 
 
Vous avez été confronté à la censure, et pire encore à la Justice, en France. Pourriez-vous nous rappeler les faits ?
 
Suite à mon Film : “CHAMEAU PAS D’AMALGAME” j’ai été poursuivi en Justice, par le Parquet à l’initiative de la LICRA. J’ai été condamné en première instance ainsi qu’en Appel.
(Je vous invite à voir le FILM, car en terme de “transgression”, les années passants, il vaudra son pesant de cacahuètes)
 
Après ces épreuves, quel regard portez-vous sur l’état de la liberté d’expression en France ?
 
A travers cette question, vous abordez le sujet majeure de mon documentaire :
«LE DJIHAD JUDICIAIRE”.
 
Le “Djihad Judiciaire” est le dévoiement des institutions judiciaires françaises qui consiste à menacer, museler et condamner tout propos critique vis à vis de l’Islam sur le territoire national. Cela représente une composante cruciale de la structure permettant et organisant l’islamisation de la France.
 
Suite à ma condamnation par la Cours d’Appel de Paris, je suis à l’initiative du documentaire, oeuvre majeure sur un sujet capital qui expose comment la Magistrature, soumise à l’agenda politique de nos dirigeants, dans sa collaboration volontaire active ainsi que dans son inclinaison idéologique incontestable, pourchasse et persécute désormais, des intellectuels, écrivains, historiens, artistes, etc, tous français… qui osent la critique de L’Islam.
 
J’ai adoré rencontré ces gens si différents, venant d’horizons parfois même opposés, souvent fascinant de courage, d’abnégation, de lucidité, d’intelligence…
Tous m’ont laissé quelque chose. Quelque chose de profondément français dans l’âme : «L’insoumission»
 
Vous avez décidé, à l’issue de vos péripéties, de rencontrer des personnes qui étaient manifestement l’objet d’une censure régulière, pour ne pas dire plus. Quel bilan dressez-vous de cette expérience ?
 
Sommairement, je dirais que la France se trouve dans une situation transitoire.
Que cela ne pourra pas durer encore trop longtemps. Voltaire l’évoquait déjà en son temps.
L’Histoire se répète, inéluctablement.
La Censure est partout, et pas seulement sur la question de L’ISLAM.
Sur énormément de sujets dont la société ne pourra plus s’affranchir encore très longtemps.
 
Soit cela continue : davantage de censure, de condamnations, et le musellement méthodiques de toutes pensées contrevenant à son Dogme… avec tout ce que cela implique. Car nous n’avons de Démocratie que le nom.
 
Soit le régime sera destitué d’une manière ou d’une autre : à travers un soulèvement populaire, des élections, une situation de crise aiguë, que sais-je…
Et les institutions devront suivre. La Justice, n’est que le bras droit du pouvoir.
 
Il n’y a aucune indépendance de la Justice. C’est une farce qui consiste à rassurer le citoyen déjà très acerbe et virulent vis à vis des autorités et des gouvernements successifs.
 
“La Justice n’a jamais eu vocation à rendre la justice.
Sa seule et unique fonction est de maintenir l’ordre social.
Et cela repose, sur une profonde injustice.”
 
L’expérience que j’en tire est simple comme de l’eau de roche.
Nous n’échapperons pas à l’Histoire. Elle se répète juste sous nos yeux.
 
Quels sont, aujourd’hui, vos projets professionnels, malgré la crise inédite que nous traversons liés au Covid-19 ?
 
Mes projets cinématographiques sont les mêmes depuis le premier jour où j’ai tenu une caméra entre les mains, depuis le premier instant où je me suis retrouvé face à elle.
Faire des films honnêtes, vrais, sincères, en âme et conscience. 
Sur ces sujets qui m’importent et me touchent.
Sans artifices, sans faux semblants, sans autorisation, sans accord préalable…
J’ai d’ailleurs désormais pris pour habitude et immense fierté, suite à cette expérience personnelle, de placer dans les titres du début de mes films, la mention honorifique :
«Avec la condamnation du Tribunal Correctionnel et de la cour d’Appel»
 
Quelle est votre vision du “monde d’après” pour reprendre l’expression consacrée ?
 
Je ne sais pas de quoi sera fait le fameux «monde d’après».
J’épouse involontairement et inconsciemment la vision de Houellebecq.
Mais ce que je sais, c’est que quel que soit ce monde, j’ai un devoir moral à honorer, une obligation éthique remplir et une promesse à tenir : «Ne jamais trahir l’âme de l’enfant que j’ai été». 
Partagez cet article
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin